Le printemps arrive, et l’autre jour, je suis retourné dans le bois aux pics mar pour voir si des fois les oiseaux allaient nidifier dans le même trou que l’an passé. C’est plus fréquent chez le pic mar que chez l’épeiche, alors tous les espoirs sont permis. Je retrouve mon tronc d’arbre, je m’installe assez loin, histoire de ne pas perturber les oiseaux si l’envie leur prend de venir sur le tronc, et j’observe avec les Zeiss Victory SF (toujours aussi formidables ces jumelles), accroupi au sol. Pour vous rappeler où se trouve ce petit coin, c’est au beau milieu d’un bois, loin de tout sentier, au milieu de nulle part, là ou normalement on ne devrait jamais croiser personne, hormis un chevreuil, un renard ou un sanglier. Mais voilà, comme d’habitude, l’improbable arrive : un couple de joggers, qui court en plein milieu des branches mortes (très astucieux pour essayer de se tordre une cheville, et je sais de quoi je parle, je m’en suis mis une en vrac au boulot y a une semaine…), vient droit sur moi. Le mec est devant, il passe à 2 mètres de moi sans me voir, et comme si ça ne suffisait pas, il s’arrête pile à mon niveau, et se retourne pour voir si sa femme suit toujours. L’histoire ne dit pas s’il essayait de la semer pour enfin s’en débarrasser, mais si c’était le cas il ne courrait pas assez vite. Du coup, sa femme le rejoint, il me voit enfin. Bon, je dis bonjour, et puis ils repartent toujours en plein milieu des arbres.

Bref, cette anecdote étant passé, durant 45 minutes, j’observe avec plaisir un pic mar qui vient se poser sur le tronc de l’an dernier quelques secondes. Un peu plus tard, j’observe le couple sur les arbres juste à côté. C’est plutôt bon signe tout ça, mais il est encore un peu tôt. Du coup, je repars à la voiture, en évitant de passer devant les 2 pièges photos appartenant aux gardes faune suisses que j’avais repérés en arrivant avec mon œil d’expert. Je repars en voiture, et comme d’habitude, je fais demi-tour sur le parking au-dessus du bois. Et au moment où je tourne sur le parking, voilà qu’une nuée de chardonnerets s’envole à gauche ! Ils étaient posés juste là, dans une boue dégueu, je ne sais pourquoi. Du coup, comme j’avais pris le sac photo au cas où, je gare ma voiture sur le parking et j’attends, des fois qu’ils reviennent se poser. Et 10 minutes plus tard, les oiseaux reviennent comme espéré pour manger je ne sais quoi !

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Ils sont posés dans la zone entourée en rouge. Mais ne les cherchez pas non plus, bien sur, il n'y en avait pas au moment ou j'ai pris la photo, parce que quand ils sont là, j'ai l'oeil dans le viseur du 7D et je ne m'amuse pas à faire des photos du making-of !
Je m’applique alors à faire quelques photos, même si le décor est franchement limite.

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Mais j’ai un problème : j’ai le soleil couchant en face de moi, et les chardonnerets sont dans l’ombre. Et je vois un voile tout pas beau dans le viseur, je n’avais jamais eu ça avant. Je pense après coup que le soleil est venu taper sur une partie de la lentille de l’objectif, malgré le pare-soleil. Du coup, toutes mes photos sont voilées sur la partie droite, plus ou moins, mais souvent assez pour être gâchées Ça doit être ça qu'on appelle le "flare" chez les pros.

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Du coup, je me suis amusé avec photoshop pour essayer de supprimer ce voile, à coup de filtres de fusions de contraste, tons clairs, teinte et saturation appliqués en dégradé de la gauche vers la droite, et voilà le résultat :

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Si ça c’est pas du travail de pro !
Une autre, avec retouche un peu moins prononcée:

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Les chardonnerets ont la bougeotte, ils ne restent pas longtemps en place. Oups !

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Et quand le chardonneret se pose plus à droite, là où il n’y a enfin plus de voile et une lumière plutôt jolie, et bien le décor est encore plus présent et plus moche. Oui oui, ce sont bien des coquilles de moules, pourtant on est à 500 km de la mer… Qui a bien eu l’idée de balancer ça ici ?

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Le lendemain matin, je retourne sur place, des fois que les oiseaux soient toujours là. En arrivant, rien en vue. J’attends un moment, puis enfin, 3 chardonnerets se pointent. Mais ils redécollent tout de suite, pas le temps de faire des photos. L’un d’eux se pose un peu plus loin, j’ai juste le temps de le viser et de faire une jolie photo, pas tout à fait nette mais presque.

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C’est que les chardonnerets ont la bougeotte, ils ne restent pas longtemps en place. Je l’ai déjà dit non ???

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Autre petite surprise, une jolie petite mésange bleue, qui est venue explorer un trou dans un vieux tronc au bord du parking. Elle clôture cette aventure !

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