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Retrouvez ici les nouvelles du site, notamment mes aventures photographiques. Le but est de parler davantage du contexte qui accompagne les images, et de montrer que la photographie d'oiseaux est loin d'être facile. Sujets absents, affûts et photos ratées, occasions manquées constituent l'essentiel des sorties !

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jeudi 23 juin 2011

Hors sujet d’astrophotographie

Pour changer, voici un peu d’astrophotographie. On est hors sujet, ce qui n’est pas sans rappeler les dissertations de français, où à 5 minutes de la fin de l’épreuve, je m’apercevais que petit à petit j’étais parti en live complètement en dehors du sujet…

Heureusement, maintenant plus personne n’est là pour me noter, donc je suis tranquille !

L’astronomie est un loisir intéressant, pour peu que l’on dispose d’un instrument d’observation correcte. Très vite, on s’aperçoit que notre œil n’est pas très sensible à la lumière, et que le meilleur moyen de révéler la beauté du ciel est de faire de la photo. En effet, avec de longs temps de pose, on peut faire apparaitre sur une photo une multitude de détails invisibles à l’œil. Le problème est que l’astrophotographie est difficile à mettre en œuvre, surtout quand, comme moi, on utilise une méthode archaïque pour les prises de vue. Aujourd’hui, l’astrophotographie se pratique à l’aide de caméras CCD réfrigérées très sensibles, et tout le système est relié et guidé par un ordinateur. Les photos qui sortent sont en réalité des assemblages d’une multitude de photos différentes, ceci réalisé par un logiciel adapté.

IMG_8727.jpg

Pour moi, la méthode est un peu plus simple. Au départ, je dispose d’un bon télescope astronomique, de type Schmidt-Cassegrain muni d’un miroir de 20 cm de diamètre. Mon boitier reflex est monté directement au foyer du télescope, juste derrière un diviseur optique. Mais qu’est ce qu’un diviseur optique ??? Vous allez comprendre plus loin. Pour photographier ce qu’on appelle le ciel profond (nébuleuses, galaxies…), il faut impérativement utiliser des temps de pose très long, de 3 à 10 minutes, pour capter les faibles lumières (mais à l’époque de l’argentique, certains montaient à plusieurs heures…). En réalité, avec un ciel classique, c'est-à-dire peu sombre à cause de la pollution lumineuse, au bout de 10 minutes, on capture déjà beaucoup de lumière parasite qui efface les détails des objets que l’on photographie.

M81.jpg

M81, une galaxie spirale située dans la constellation de la Grande Ourse. La lumière de cette galaxie qui est venue s’échouer sur le capteur de mon reflex a été émise il y a 11,8 millions d’années. Pourtant cette galaxie est considérée comme l’une des plus proches de la Terre… Pour la photo, 10 minutes de pause à 400 iso, focale de 2000 mm à F/6,3.

Durant ces longs temps de pose, la Terre tourne, donc pour ne pas avoir des trainées d’étoiles sur la photo, il faut que le télescope tourne également pour compenser ce mouvement. Pour ceci, le télescope doit être aligné sur l’axe de rotation de la Terre, ce qui se fait, laborieusement, grâce à un viseur polaire intégré au trépied du télescope. Ensuite, avec un moteur à quartz intégré qui agit sur l’un des axes, le télescope tourne en sens inverse de la Terre, et le ciel dans le télescope se fige ! Mais bien entendu, cette « mise en station » du télescope est approximative, et le suivi se décale sans arrêt. Donc pendant la prise de vue, il faut surveiller et corriger en permanence le suivi grâce à une télécommande qui pilote les 2 axes motorisés tu télescope.

C’est là qu’intervient le diviseur optique. Pendant la prise de vue, impossible de voir l’image dans le viseur du reflex, car le miroir est relevé pour envoyer la lumière sur le capteur photo. Donc le diviseur optique dévie une micro partie de la lumière vers un oculaire qui possède des graduations rétro-éclairées. Cet oculaire permet de détecter de visu les erreurs de suivi, si, bien sur, on trouve une étoile repère suffisamment brillante pour visualiser les déviations du télescope, ce qui n’est jamais évident… Et bien entendu, il faut regarder dans cet oculaire sans le toucher, sinon on déséquilibre le tout et c’est fichu… Et avec tout celà, on arrive à des résultats qui restent modestes, mais qui me plaisent quand même pas mal. Bien entendu, le post-traitement de ce genre de photo est très délicat, et réalisé par un photographe animalier, il n’est pas optimisé…

M82.jpg

M82, galaxie irrégulière de la Grande Ourse, toute proche de M81. Il est même possible d’avoir les 2 sur la même photo en soignant le cadrage. Dix minutes de pause également à 400 iso.

M51.jpg

M51, galaxie du Tourbillon. Elle est située juste sous la queue de la casserole de la Grande Ourse. Mais pas la peine de la chercher à l’œil nu. A l’œil dans mon téléscope, j’arrive tout juste à distinguer le centre de la galaxie, qui apparait comme un point flou. Cette galaxie spirale est reliée à une autre plus faible par un bras, et personnellement je l’aime beaucoup ! Temps de pose de 7 minutes toujours à 400 iso.