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Retrouvez ici les nouvelles du site, notamment mes aventures photographiques. Le but est de parler davantage du contexte qui accompagne les images, et de montrer que la photographie d'oiseaux est loin d'être facile. Sujets absents, affûts et photos ratées, occasions manquées constituent l'essentiel des sorties !

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Mot-clé - Pic mar

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samedi 7 juillet 2018

Oh la vache !

En général, en photo animalière, le photographe est là, tapis dans son affût, et l’oiseau ne vient pas. Mais parfois, l’affût est là, les oiseaux aussi, mais c’est le photographe qui ne vient pas. Et autant vous dire que c’est très con comme situation ! Mais c’est ce qu’il s’est produit avec le couple de pics mar. Entre les soirs ou j’ai fini le boulot trop tard, et les multiples soirs d’orage où le sous-bois était beaucoup trop sombre, j’ai loupé toute la repro des oiseaux. Le premier samedi où j’ai enfin pu me rendre dans mon affût, il ne restait déjà plus qu’un seul jeune dans la loge. Le temps de louper quelques photos de nourrissage, et le lendemain matin, il était déjà parti.

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J’avais, à un autre endroit, repéré un nid de rougegorges et un nid de tariers pâtre. Normalement, tout se présentait bien, j’aurais dû faire de jolies photos. Le couple de tariers était installé dans une petite prairie tranquille, les oiseaux utilisaient un vieux chardon pour se percher avant et après avoir plongé dans le nid caché dans les herbes pour ravitailler leurs petits. Ce perchoir était à moins de 15 mètres d’une haie parfaire pour installer un affût, et derrière le perchoir il y avait des petites fleurs jaunes qui créaient un joli fond. De plus, le matin, la scène était bien éclairée, et le soir, il y avait un contre-jour impeccable.

Mais voilà, le paysan a eu la bonne idée de mettre ses vaches dans le pré 1 où 2 jours après mes repérages. Résultat, à en juger la végétation du sol couchée dans le bois, les vaches sont allées faire la sieste tout autour du nid des rougegorges qui a été abandonné pendant la couvaison. Résultat, 8 œufs tout froids, à peine de quoi faire une petite omelette…

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Les vaches ont aussi eu la bonne idée d’installer leur quartier général à 10 mètres du nid des tariers. Du coup, elles y passaient le plus clair de leur temps. Y en a même une qui a failli coucher le perchoir des oiseaux avec son gros bide en passant tout près du nid. Du coup, catastrophe. Les tariers se sont mis à alarmer toute la journée sans ravitailler leurs jeunes, mais curieusement, ils n’ont pas abandonné le nid et profitaient des moments d’absence des vaches pour amener à manger aux poussins. Et bien entendu, quand les vaches étaient un peu plus loin, si je m’approchais de la haie pour m’installer en affût, elles venaient toutes s’agglutiner autour de moi et donc autour du nid…

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Un matin, après bien 2 heures d’attente, le troupeau se décide à aller un moment à l’ombre, dans le bois où le Rougegorge était parti depuis longtemps. Je tente de m’installer en affût dans la haie comme je peux, mais je perturbe quand même les oiseaux, d’autant plus qu’il y a aussi un couple de Pie-grièches écorcheurs qui s’est installé dans la même haie depuis quelques jours et qui effraye les tariers. Je peux quand même essayer de photographier les oiseaux à l’atterrissage, ce qui était mon idée de départ, mais bon ça foire pas mal. J’ai fait la mise au point sur le perchoir, car il me semblait qu’ils y arrivaient les ailes ouvertes, mais en fait non, la meilleure posture se présente un peu avant que les oiseaux ne se posent, donc quand ils sont encore derrière la zone de netteté. De plus, comme la matinée est un peu trop avancée, la lumière est dure et il y a beaucoup de turbulences dans l’air, ce qui n’améliore guère la netteté des images !

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Dommage pour la dernière…

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Après cette première tentative, pas le temps de modifier les réglages car les vaches reviennent déjà…

Nouvelle tentative en fin d’après-midi, les vaches ne sont pas là, le soleil non plus, c’est tant pis pour les photos en vol qui nécessite trop de lumière, et pour les contre-jours avec les ailes déployées éclairées par transparence par le soleil… Donc juste une petite photo de la femelle avant qu’elle ne plonge dans le nid.

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Et puis la pluie arrive. Les vaches sont à l’abri dans le bois, et c’est là que je me dis que c’est l’occasion d’essayer de faire des photos sous la pluie. Je décide d’utiliser ma télécommande, qui en théorie à une portée de 60 mètres, pour déclencher les photos. Comme ça, étant loin des oiseaux, je ne les dérange plus, et la simple présence du matériel sur pied dans le pré, bien protégé par une housse imperméable hi-tech (= un sac poubelle tenu par 2 élastiques) ne les gêne absolument pas. Je me cache à environ 40 mètres, ça marche, les oiseaux ravitaillent à fond, il pleut bien et moi je déclenche des photos à bloc avec la télécommande. Je récupère le matos, je regarde les photos, et là, je vous le donne dans le mille : pas la moindre trace de photo ! Et oui, encore une arnaque, cette télécommande (Phottix Aion, que j’ai quand même payé 100 euro et qui me sert à la base pour programmer mes astrophotos) a en fait, après vérification, une portée fiable de 7 ou 8 mètres. Au-delà de 10 mètres, elle est larguée. Elle déconne aussi régulièrement en astrophoto même quand je la laisse à 1 mètre du récepteur, super le matos !

Le lendemain, il repleut, les vaches sont à nouveau à l’abri dans le bois, je retente ma chance, cette fois en me planquant juste derrière la haie avec ma télécommande, et en ayant juste un petit trou dans les branchages pour voir le perchoir. Ça fonctionne enfin, bon, ça fait des photos sympas avec les gouttes d’eau, mais ces dernières sont moins présentes sur les photos que ce que j’imaginais. Pourtant il pleut pas mal !

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Cinq minutes après la dernière photo, le soleil sort en contre-jour, ambiance magnifique, mais pas d’oiseau sur le perchoir bien entendu !

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Et 20 minutes plus tard, il pleut à bloc, cette fois l’ambiance pluie est bien présente sur les photos, mais toujours pas les oiseaux…

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Et puis voilà, lors de ma visite suivante, tout était fini. Les oiseaux avaient malheureusement abandonné le nid, plus de nourrissage, aucun jeune nulle part. Les vaches ont surement eu raison de la patience des tariers. Pour les photos de compétition, il faudra revenir l’année prochaine, avant les vaches cette fois. En général, il y a toujours un couple de tariers dans ce secteur, mais pas toujours aussi idéalement placés. Et moi, pour me venger, je me suis enfilé une belle entrecôte bien saignante au diner !

dimanche 13 mai 2018

Touches pas à ça p’tit con

Je sais, j’ai écrit un gros mot dans le titre de ce post. Mais bon, c’est excusable dans 2 cas. Tout d’abord, si c’est pour qualifier un chasseur, c’est souvent justifié. Ensuite, s’il s’agit d’une réplique culte de la trilogie de la 7ème compagnie, c’est aussi parfaitement justifié. « Touches pas à ça p’tit con » c’est le nom du bouton qu’il ne faut jamais toucher. Mais bon, on verra ça plus tard.

J’ai retrouvé mon couple de pics mar suisses de l’an dernier. Sans pouvoir être sûr qu’il s’agit des mêmes oiseaux, ils ont dans tous les cas élu domicile dans le même trou et ont le même accent suisse que l’an dernier. Pour la petite histoire, j’avais repéré un autre arbre avec des trous typiques du pic mar 100 mètres plus loin. Pendant que j’étais assis à quelques 10ènes de mètres en train d’observer si l’un des trous était occupé, une chevrette est venue droit sur moi. Je suis resté de marbre, vu que pour une fois, je n’avais pas pris mon matériel photo, bien entendu ! Elle s’est arrêtée à 20 mètres de moi, puis s’est couchée pour faire une petite sieste ! La situation a tenu 3 ou 4 minutes, avant que subitement, elle me repère et parte en panique à 300 km/h…

Finalement, rien à signaler dans ces nouveaux trous. Donc je me concentre sur mon trou de l’an dernier, en réinstallant ma tente affût « abri de rando Queshua » recouvert d’un filet camo qui coûte 2 fois le prix de la tente. J’ai mis un petit mot pour les potentiels voleurs suisses, même si on dit qu’il n’y a pas de voleurs en Suisse : « Merci de laisser le filet si vous volez ma tente. J’ai des moyens limités, je suis français et je bosse en France pour ne pas manger votre pain, alors j’ai un salaire de misère. »

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Comme l’an dernier, mon affût est tout de suite accepté par les oiseaux. Pas un cri d’alarme, en plus je réussis à y rentrer et à en sortir à chaque fois sans me faire repérer. C’est le début de la repro, je remarque qu’il y a assez souvent un oiseau dans la loge, qu’ils se relaient, mais que parfois, les 2 oiseaux partent en vadrouille. Le truc sympa, c’est que les oiseaux, surtout la femelle, restent parfois de longues minutes contre le tronc à côté du trou. J’ai donc tout le temps de faire des photos. De plus, la canopée n’est pas encore trop dense et j’ai une quantité de lumière assez confortable pour faire mes photos. L’autofocus aussi n’est pas encore complètement largué par la faible luminosité. Voici la femelle :

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Là, c’est encore la femelle qui régurgite des parties non digérées de je ne sais quelle proie :

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Et là, elle est remplacée par le mâle. Le mâle à une calotte d’un rouge plus vif, mais chez ce couple la différence n’est pas frappante. L’an dernier, la femelle avait un plumage très usé et avait perdu presque toute sa calotte rouge. Cette année c’est cool, je peux photographier indifféremment le mâle et la femelle qui ont tous les deux un beau plumage !

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Là, c’est toujours le mâle qui refuse que la femelle prenne sa place. Bec ouvert, langue tendue, ça fait peur !

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La fois d’après, j’essaye de me servir de l’arbre mort qui est en premier plan (le truc flou à droite sur les photos) pour composer des images différentes, et aussi pour effacer la loge des photos, car un pic à côté de son trou, c’est classique comme photo, vu que c’est à peu près le seul endroit où il est aisé de photographier un pic ! Alors voilà quelques images, avec différentes lumières, cadrages et attitudes de l’oiseau. Difficile de choisir la plus intéressante :

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Quand la femelle commence à faire sa toilette, je regrette presque d’avoir l’arbre flou qui cache une partie de l’image ! Mais je n’ose pas décaler le matériel, ça pourrait l’effrayer :

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Et c’est là qu’on en arrive au fameux bouton « Touches pas à ça p’tit con ». Sur le 500mm, il y a un bouton qui sert à limiter la course de l’autofocus. Au lieu de chercher à faire le point entre 4,5 mètres et l’infini, on peut le chercher entre 10 mètres et l’infini :

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L’intérêt, c’est que si le sujet est à plus de 10 mètres, comme la loge des pics (à 11 mètres), L’autofocus ne peut pas venir focaliser sur l’arbre qui est à 5 mètres juste devant et sur lequel il n’y a rien. Du coup, même si il rame pour trouver le pic et a plutôt tendance à focaliser sur les feuilles qui sont derrière, il va avoir une course de recherche beaucoup plus limitée qu’il va effectuer beaucoup plus vite, donc il finira par « accrocher » sur le pic plus vite.
Le problème, c’est qu’à chaque fois qu’on limite la course de l’autofocus, il se passe toujours un truc entre 4,5 mètres et 10 mètres, alors que normalement ça n’arrive jamais. Donc voilà, cette fois, c’est un grimpereau des jardins, petit oiseau minuscule, magnifique et très dur à photographier, qui est venu parcourir l’arbre à 5 mètres de moi. Du coup, comme d’hab, je suis fou, je vise l’arbre, j’appuie sur le déclencheur, ça ne fait pas la mise au point, je mets 3 plombes à chercher pourquoi avant de me rappeler que j’ai touché au bouton « Touches pas à ça p’tit con ». Du coup, je cherche le bouton, mais comme il y en a 5, je trouve d’abord les 4 autres avant de tomber sur le bon, je le remets en position normale, et c’est à ce moment que le grimpereau des jardins repart. Et du coup je peux cette fois prendre ce bel arbre en photo, mais sans rien dessus :

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A noter que ce fameux bouton à une 3ème position, pour que l’autofocus ne puisse faire la mise au point qu’entre 4,5 et 10 mètres. Pour utiliser cette position, faut quand même être sacrément prétentieux dans la qualité de ses techniques d’approche…

Je termine avec une dernière prise plus récemment. La végétation a poussé, ça y est, il n’y a plus de lumière dans le sous-bois sauf au moment où par miracle, un rayon de soleil vient illuminer le devant de la loge pile quand un oiseau est là !

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Les œufs ont éclos il y a environ une semaine. Fini les photos des adultes sans nourriture dans le bec ! J’espère avoir le temps de faire des photos durant les derniers jours de nourrissage, comme l’an dernier, quand les poussins montrent leur bouille au bord du trou. A suivre…

lundi 23 avril 2018

Les chardonnerets voilés

Le printemps arrive, et l’autre jour, je suis retourné dans le bois aux pics mar pour voir si des fois les oiseaux allaient nidifier dans le même trou que l’an passé. C’est plus fréquent chez le pic mar que chez l’épeiche, alors tous les espoirs sont permis. Je retrouve mon tronc d’arbre, je m’installe assez loin, histoire de ne pas perturber les oiseaux si l’envie leur prend de venir sur le tronc, et j’observe avec les Zeiss Victory SF (toujours aussi formidables ces jumelles), accroupi au sol. Pour vous rappeler où se trouve ce petit coin, c’est au beau milieu d’un bois, loin de tout sentier, au milieu de nulle part, là ou normalement on ne devrait jamais croiser personne, hormis un chevreuil, un renard ou un sanglier. Mais voilà, comme d’habitude, l’improbable arrive : un couple de joggers, qui court en plein milieu des branches mortes (très astucieux pour essayer de se tordre une cheville, et je sais de quoi je parle, je m’en suis mis une en vrac au boulot y a une semaine…), vient droit sur moi. Le mec est devant, il passe à 2 mètres de moi sans me voir, et comme si ça ne suffisait pas, il s’arrête pile à mon niveau, et se retourne pour voir si sa femme suit toujours. L’histoire ne dit pas s’il essayait de la semer pour enfin s’en débarrasser, mais si c’était le cas il ne courrait pas assez vite. Du coup, sa femme le rejoint, il me voit enfin. Bon, je dis bonjour, et puis ils repartent toujours en plein milieu des arbres.

Bref, cette anecdote étant passé, durant 45 minutes, j’observe avec plaisir un pic mar qui vient se poser sur le tronc de l’an dernier quelques secondes. Un peu plus tard, j’observe le couple sur les arbres juste à côté. C’est plutôt bon signe tout ça, mais il est encore un peu tôt. Du coup, je repars à la voiture, en évitant de passer devant les 2 pièges photos appartenant aux gardes faune suisses que j’avais repérés en arrivant avec mon œil d’expert. Je repars en voiture, et comme d’habitude, je fais demi-tour sur le parking au-dessus du bois. Et au moment où je tourne sur le parking, voilà qu’une nuée de chardonnerets s’envole à gauche ! Ils étaient posés juste là, dans une boue dégueu, je ne sais pourquoi. Du coup, comme j’avais pris le sac photo au cas où, je gare ma voiture sur le parking et j’attends, des fois qu’ils reviennent se poser. Et 10 minutes plus tard, les oiseaux reviennent comme espéré pour manger je ne sais quoi !

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Ils sont posés dans la zone entourée en rouge. Mais ne les cherchez pas non plus, bien sur, il n'y en avait pas au moment ou j'ai pris la photo, parce que quand ils sont là, j'ai l'oeil dans le viseur du 7D et je ne m'amuse pas à faire des photos du making-of !
Je m’applique alors à faire quelques photos, même si le décor est franchement limite.

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Mais j’ai un problème : j’ai le soleil couchant en face de moi, et les chardonnerets sont dans l’ombre. Et je vois un voile tout pas beau dans le viseur, je n’avais jamais eu ça avant. Je pense après coup que le soleil est venu taper sur une partie de la lentille de l’objectif, malgré le pare-soleil. Du coup, toutes mes photos sont voilées sur la partie droite, plus ou moins, mais souvent assez pour être gâchées Ça doit être ça qu'on appelle le "flare" chez les pros.

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Du coup, je me suis amusé avec photoshop pour essayer de supprimer ce voile, à coup de filtres de fusions de contraste, tons clairs, teinte et saturation appliqués en dégradé de la gauche vers la droite, et voilà le résultat :

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Si ça c’est pas du travail de pro !
Une autre, avec retouche un peu moins prononcée:

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Les chardonnerets ont la bougeotte, ils ne restent pas longtemps en place. Oups !

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Et quand le chardonneret se pose plus à droite, là où il n’y a enfin plus de voile et une lumière plutôt jolie, et bien le décor est encore plus présent et plus moche. Oui oui, ce sont bien des coquilles de moules, pourtant on est à 500 km de la mer… Qui a bien eu l’idée de balancer ça ici ?

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Le lendemain matin, je retourne sur place, des fois que les oiseaux soient toujours là. En arrivant, rien en vue. J’attends un moment, puis enfin, 3 chardonnerets se pointent. Mais ils redécollent tout de suite, pas le temps de faire des photos. L’un d’eux se pose un peu plus loin, j’ai juste le temps de le viser et de faire une jolie photo, pas tout à fait nette mais presque.

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C’est que les chardonnerets ont la bougeotte, ils ne restent pas longtemps en place. Je l’ai déjà dit non ???

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Autre petite surprise, une jolie petite mésange bleue, qui est venue explorer un trou dans un vieux tronc au bord du parking. Elle clôture cette aventure !

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dimanche 24 septembre 2017

Un mar et ça repart

De retour de vacances (pas les vacances d’été bien sur, car nous sommes toujours au moi de mai bien entendu !), je décide un après midi d’aller me promener, juste avec les jumelles, dans un bois que j’aime bien côté suisse. Bon, je m’étais juré de ne plus traîner de l’autre côté de la frontière depuis que j’avais pris une amende pour être stationné au bord de la route en pleine campagne et depuis que je me suis fait sortir d’une friche par un garde qui sortait de je ne sais où et qui m’a expliqué que je ne devais pas être là parce que ça dérangeait la faune de bleu de bleu ! D’ailleurs, ce jour-là, les seuls oiseaux qui ont été dérangés sont ceux que le garde a effrayé en venant vers moi sans précautions… C’est comme ça en Suisse, dès qu’un suisse voit une voiture avec une plaque française, il appelle la police qui vient dans les 10 minutes pour vous coller une amende ou vous réprimander. Y a toujours une raison…

Bref, donc dans un moment de faiblesse, je vais me promener dans ce fameux bois qui abrite de nombreux pics et parfois une belle population de pouillots siffleur. Je repasse avec nostalgie à l’endroit précis où en 2006, j’avais par hasard trouvé une loge de pics mar. Le vieil arbre à depuis disparu, d’abord tombé par terre puis recyclé par les insectes et micro-organismes du sol. Et voilà que j’entends un pic mar alarmer juste dans mon dos ! Je me retourne, et je vois l’oiseau juste à côté de moi, collé contre un vieux tronc, le bec plein de nourriture ! Il repart plus loin, moi je fais le tour du tronc et bingo, j’aperçois un trou ! Inimaginable ! A 11 ans d’intervalle je trouve 2 loges d’un oiseau très difficile à localiser au même endroit à 10 mètres près !

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Par acquis de conscience, je recule de 50 mètres et j’attends pour être sur. Le pic ne tarde pas à revenir pour me confirmer que ce trou (celui du haut sur la photo) est bien sa loge de reproduction.

Les jours suivant, je décide de passer à l’action. Je commence par me poster avec mon filet à 20 mètres du trou. Mais à ma grande surprise, les oiseaux dès leur première venue alarment beaucoup. Ils viennent quand même ravitailler le nid mais ma présence les stress et ils ne semblent pas s’habituer. Le comportement des pics est très variable d’un couple à l’autre chez le pic épeiche, et il semble que ce soit pareil chez le pic mar qui d’habitude est beaucoup plus tolérant. Au bout d’un moment, j’abandonne la partie pour les laisser tranquille. Voici quand même quelques images :

Le mâle :

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Le couple (mâle à gauche, femelle à droite) :

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En général, quand les oiseaux sont tous les 2 au nid en même temps, ils s’accordent pour décider lequel va ravitailler en premier et ils évitent toujours le contact. Mais cette fois, le contact n’a pas été évité !

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Je me dis que ça vaut le coup de tenter de poser ma pseudo tente affût et de la laisser sur place. Je n’ai jamais vu personne dans ce bois, donc pas de raison qu’un suisse tombe dessus et appelle la police, surtout qu’il ne saura pas que ça appartient à un français…
Le problème qui se pose, c’est qu’il m’est difficile de trouver le bon endroit pour poser ma tente assez près du nid en ayant le bon angle de prise de vue sans avoir d’éléments parasites devant et surtout derrière le trou. Dans l’idéal, il ne faut pas de branches qui feront des barres sombres derrière, ni de trouées de ciel qui feront des taches blanches et du contre-jour. Il ne faut que du feuillage vert qui fera le plus beau des fonds. L’autre problème, c’est que j’observe le nid de très loin, et que je dois profiter de l’absence des 2 parents pour m’approcher et poser très rapidement l’affût, pour éviter de provoquer la panique chez les oiseaux...
Bingo, j’arrive à poser la tente au bon endroit, enfin un peu trop près du trou quand même, mais plus loin j’avais systématiquement un truc qui n’allait pas. Je m’éloigne à nouveau et j’attends. Et là, incroyable, malgré l’affût à 10 mètres du trou, les oiseaux n’ont aucune réaction. A priori, si ça ne bouge pas, ça ne les effraye pas.

Le lendemain, je reviens sur place et j’arrive après observation à distance à rapidement m’approcher de ma tente et à sauter dedans sans être repéré par les oiseaux. Le procédé fonctionne bien, et les oiseaux viennent au nid sans broncher. J’installe alors le matériel et sors le fût de l’objectif par l’ouverture prévue de mon affût.

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Le mâle se pointe, et se met à alarmer à fond. La femelle suit, et le concert commence ! Là, je me dis que je suis mal, et puis j’entends des bruits de pas derrière moi. Un animal semble venir droit sur ma tente ! Je regarde par l’un des petits trous que j’avais aménagés, et là je n’y crois pas ! Ce n’est pas un animal mais un photographe, appareil à la main, qui vient droit sur moi. Il s’approche à 4 mètre de ma tente, puis s’en va sans rien dire. C’est quand même un truc de fou, je n’ai jamais vu personne ici en 12 ans, j’installe un affût et un photographe apparaît pile devant ! J’ai été suivi c’est pas possible…

Après son départ, le calme revient. En fait je n’étais pas responsable du stress des oiseaux cette fois, ouf ! Je peux commencer à faire des photos, mais ça s’avère très délicat. La lumière est très limite, l’autofocus du 7D mark2, bien que performant, est poussé dans ses derniers retranchements, surtout que la profondeur de champ est de l’ordre de 3 ou 4 cm seulement. Pas possible d’avoir les 2 oiseaux nets sur la même photo, très loin de là…

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Les jeunes ne sortent pas encore la tête du trou, donc durant les ravitaillements, les adultes rentrent en partie la tête dans la loge :

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Le lendemain, j’y retourne. L’affût est toujours là, cool ! Cette fois, bonne surprise, les jeunes commencent à montrer leur trogne !

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De suite, j’ai envie de réussir une photo avec l’adulte et le jeune en même temps. Mais ça s’annonce dur, car les adultes viennent systématiquement ravitailler les jeunes en se positionnant à droite du trou, donc par rapport à où je suis, ils sont en avant par rapport au trou. Résultat, à cause de la très faible zone de netteté, il m’est impossible d’avoir les 2 têtes des 2 oiseaux dans le plan de netteté. Résultat, si l’adulte est net, je jeune est flou, irrémédiablement, surtout qu'en plus y en a toujours 1 des 2 qui bouge au moment de la photo.

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Ici, la femelle hérisse sa crête car le mâle arrive pour ravitailler juste derrière elle. Le pic mar est le seul à pouvoir se coiffer de la sorte, et ceci lui sert vraisemblablement à communiquer. Il est difficile de photographier ce comportement, en plus en général les photos sont toujours floues, je ne sais pas pourquoi, encore une grande loi de la photo animalière…

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Un peu plus tard dans l’après midi, de temps en temps le soleil inonde le trou. Bien sur, ce n’est jamais à ce moment que les adultes se pointent. On peut néanmoins se contenter d'un jeune :

_D2_6073camraw.jpg Puis à force d’espérer, j’arrive enfin à saisir un adulte avec une jolie lumière :

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Et puis plus tard, le top du top, un éclairage impeccable sur l’oiseau et le feuillage derrière !

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Et pour finir, un nourrissage qui pour une fois se passe presque dans le plan de netteté. Le jeune est un peu flou, mais c’est pas mal !

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En repartant, je bouge une grosse branche morte au sol et ça me permet de reculer mon affût de 3 mètres en ayant toujours un bon angle de prise de vue. Ça me permettra par la suite de pourvoir cadrer un peu plus large et de gagner un peu en profondeur de champ.

Le lendemain après midi, c’est repartit:

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Oups ! ça ça arrive souvent, l’autofocus part dans les choux…

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Et enfin cette dernière, la seule ou les 2 oiseaux sont pile dans le plan de netteté. Y a même un petit filet de bave qui relie les 2 becs, mais il ne se voit pas ici.

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Le lendemain, il ne reste déjà plus qu’un seul jeune dans le nid. Les autres sont partis probablement durant la matinée. Alors je le prend en photo mais je sens qu’il a envie d’y aller aussi :

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Et puis j’assiste enfin à un nourrissage après 1h d’attente :

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Je regarde vite fait les photos pour voir ce que ça donne, et puis pendant ce temps je loupe royalement l’envol du dernier jeune qui a du repartir direct avec son papa… D’un coup, plus rien, plus de tête au bord du trou, plus de cris du jeune, plus rien. Il est temps de plier le matériel ! J’ai trouvé ce nid un peu tard et la repro s’est terminée très vite, mais heureusement j’ai quand même pu en profiter et passer de bons moments en compagnie de ces oiseaux que j’aime tant !

dimanche 24 juillet 2016

Le petit trésor du bois

Il y a 10 ans, j’avais trouvé une loge de pic mar, vraiment par hasard, alors que je me promenais dans un bois justement pour essayer de voir l’espèce. Ce jour là, alors que je traverse le bois, juste devant moi un pic mar déboule et se pose contre un tronc avec une chenille dans le bec. Juste à côté, un trou dans l’arbre. Le tout à 10 mètres de moi juste devant. Après m’être planqué un peu plus loin, je vois le pic revenir rapidement et s’engouffrer dans le trou ! Bingo ! Le problème, c’est qu’à l’époque, je n’avais que la digiscopie pour faire des photos, et dans les sous-bois, ce n’était clairement pas assez lumineux. J’avais pu faire quelques photos avec un déclencheur radio-commandé fabriqué à partir de mon matériel de modélisme. Ceci m’avait permis d’éviter les vibrations, avec une vitesse d’obturation de l’ordre de 1/5s ! Depuis que je possède du meilleur matériel, je rêve de retrouver le Pic mar, mais bon les chances sont infimes.

Nous voici au mois de mai ce printemps. Je reçois un appel de Jean, un retraité heureux qui passe son temps à se promener dans la nature et à filmer tout ce qui bouge. Jeannot à un don incroyable pour trouver des animaux et des situations inimaginables pour tous les naturalistes du Pays de Gex sauf Jeannot…

C’est l’homme qui a filmé un croc de renard en gros plan en pleine nature, après avoir approché la bête qui dormait jusqu’à ce qu’elle se retrouve à ses pieds. C’est aussi l’homme qui a filmé l’intérieur de la bouche d’un ragondin tellement il était près, c’est celui qui a filmé un butor à 2 mètres sans que celui-ci ne bouge d’1 millimètre, et c’est l’homme qu’un jour une chevrette est venue chercher pour l’amener voir son petit faon !

Enfin bref, c’est aussi l’homme qui a trouvé par hasard en allant aux morilles une loge de Pic mar, ce qui constitue un nouvel exploit étant donné la faible densité de cet oiseau. Et comme Jeannot est très sympa et partageur, il m’a fait part de sa trouvaille. J’ai pu y aller seulement une journée, mais j’en ai profité pendant plus de 6 heures. Il faut dire que le décor autour du nid était tellement sympa qu’il fallait absolument faire quelque chose de bien.

Le matin, ça commence moyen : la lumière est plus que limite, à 1600 iso on est sous les 1/100s. Mais bon dans le tas quelques photos sont nettes :

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Au départ, les adultes sont un peu gênés par notre présence à Jean et moi, et hésitent avant de venir à la loge. Ils se posent souvent sur une jolie branche située un peu au dessus du trou. J’essaie de faire des photos car le décor est vraiment beau :

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Joli, non ? Ah oui, vous aussi vous avez remarqué ? Dis voir Jeannot, t’y serait pas pour quelque-chose quant à la présence d’un fil de fer vert qui se promène sur ma photo ?...
Et là, il m’explique qu’en fait il a attaché une branche qui le gênait pour filmer. Bon, du coup il se propose d’aller enlever le fil de fer. Cool, maintenant la belle branche est bien propre ! Le problème, c’est que les oiseaux se sont habitués à notre présence et se posent maintenant directement vers le trou sans passer par la case « jolie branche ». Heureusement, 1 heure plus tard, au moment où Jeannot s’en va un moment, le mâle, à nouveau intrigué par le changement, m’offre une jolie pause :

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En plus, le ciel s’améliore, il y a plus de lumière diffusée dans le bois qu’au début, on est au 1/250s, ça devient intéressant !
Après une pause repas, je passe l’après midi sur place, seul cette fois. Je vous livre une petite sélection d’images que je trouve plutôt bien jolies !

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La femelle, chez le pic mar, à une calotte rouge moins colorée que le mâle. Chez ce couple, la femelle, ci-dessous, n'était vraiment pas très rouge. J'ai privilégié les photos du mâle.

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Oups, ça bouge des fois un pic mar !

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Le pic mar est le seul à hérisser sa crête rouge de temps en temps. Surement un signe comportemental en rapport avec l'excitation de l'oiseau.
Si si, normalement y a un pic mar bien cadré sur cette photo:...

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Enfin, le petit rayon de soleil qui tue juste sur la tête de l'oiseau et sur la jolie branche !

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Bon, en vol oui mais ça manque quand même un peu de lumière. Ca aurait pu être artistique au moins, mais même pas !

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La suite, ce sera encore une histoire de pics. Mais pas les mêmes ! Jeannot à fait fort cette fois... à suivre...

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