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Retrouvez ici les nouvelles du site, notamment mes aventures photographiques. Le but est de parler davantage du contexte qui accompagne les images, et de montrer que la photographie d'oiseaux est loin d'être facile. Sujets absents, affûts et photos ratées, occasions manquées constituent l'essentiel des sorties !

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Mot-clé - dérangement

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samedi 31 mars 2012

Le tichodrome laisse place

Lors de mon dernier message, j’ai parlé de ce couple de grands corbeaux qui en s’installant pour nidifier sur la falaise m’a empêché de terminer la saison du tichodrome. Assez rageant, mais bon c’est comme ça. Depuis presque 2 semaines, les tichodromes semblent avoir disparu. Ils ont quitté leurs quartiers d’hiver pour rejoindre leurs mystérieux sites de reproduction. J’ai tenté de me poster en affût pour photographier les grands corbeaux. Lors de la première tentative, j’ai eu l’impression que cela fonctionnait. Je me suis installé sans me faire repérer par les oiseaux. Trente minutes après mon arrivée, un oiseau qui était au nid a décollé, puis est revenu se poser directement 30 secondes plus tard. Ceci est plutôt très rassurant.

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Mais les choses se gâtent la fois suivante. L’oiseau présent au nid s’envole 5 minutes après mon arrivée et disparait. Au même moment, des promeneurs parlent très fort au dessus de la falaise, 20 à 25 mètres au dessus du nid. Je pense qu’ils sont responsables. Après, ils descendent sous la falaise à côté de moi, toujours en faisant du bruit, et agacent clairement les oiseaux. Il n’y a aucun chemin à cet endroit, et c’est très escarpé. Ils provoquent des chutes de pierres qui dégringolent jusqu’en bas de la falaise, pas très malin !
Et juste après, j’entends un couple qui descend encore sous la falaise, juste à côté de moi. Au début, je pense à des promeneurs, mais très vite je comprends que c’est un couple de photographes amateurs qui cherche à photographier les oiseaux rupestres. Le truc marrant dans l’histoire, c’est qu’ils se postent à 5 mètres de moi pendant 1h30 mais sans me voir, car je suis juste en contrebas d’une grosse pierre. Moi je peux suivre leur conversation. Bien entendu, ils stressent les grands corbeaux car ils ne savent pas que leur nid est à 30 mètres de là. Je préfère rester caché plutôt que de les informer de la présence du nid, car c’est une information qui ne doit pas trop circuler. Après leur départ, les oiseaux reviennent, mais j’ai l’impression cette fois que ma présence les gène aussi, car ils se posent en falaise mais n’osent pas rejoindre le nid.

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Je m’éclipse rapidement à un moment ou les 2 oiseaux ne sont plus en vue.

Une 3ème tentative très brève me confirme le dérangement qu’occasionne ma présence. Je réfléchis alors à la pose d’un affût fixe qui devrait être mieux accepté par le couple. J’étudie tout par avance, et le jour j, je descends l’installer. Au début, je ne suis pas repéré, mais au bout de 5 minutes, ça y est. Je m’active et 10 minutes plus tard, tout est à peu près en place. Je me sauve rapidement. Je n’ai pas encore de photos de l’affût, ça viendra.

Jeudi après midi, je peux me libérer pour aller tester cet affût. Un chemin un peu escarpé me permet de le rejoindre en ayant peu de chances d’être repéré. Une fois dedans, ça ne va pas trop mal. Et les oiseaux l’ignorent complètement, très bonne nouvelle. J’observe qu’un oiseau reste tout le temps au nid, et que l’autre le ravitaille de temps en temps. Et autre nouvelle non des moindre : un couple de faucons crécerelles s’installe 10 mètres au dessus des grands corbeaux ! Incroyable. Les 2 espèces semblent se tolérer sans plus, je ne sais pas comment cela va évoluer, car les 2 peuvent potentiellement prédater les œufs ou les poussins de l’autre…

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Le plus difficile reste maintenant de faire des photos. Suivre les oiseaux en vol ce n’est pas ma spécialité, et entre les faucons trop rapides et les corbeaux trop noirs qui mettent à rude épreuve l’autofocus, ce n’est pas gagné. Les photos présentées ici sont pas mal recadrées et souvent pas très nettes. Ce n’est pas le genre de photos que j’aime faire. Affaire à suivre…

jeudi 18 août 2011

Le photographe qui dérange la faune

Le lendemain de ma dernière soirée, me revoilà toujours au même endroit en fin d’après-midi. Je m’installe comme d’habitude, et j’attends, attentif cette fois, que quelque-chose se passe. Au bout d’une heure, rien. Je décide d’aller jeter un œil dans le champ de l’autre côté des tournesols. Bonne idée, car ceci me permet d’apercevoir un gros sanglier qui traverse tranquillement le champ avant de rentrer dans le bois. Rien d’autre à l’horizon, donc je reprends mon poste.

Toujours rien, alors je retourne jeter un œil derrière les tournesols. Et là, j’aperçois un brocard au fond du champ. Cool ! Je m’approche discrètement au bord du tournesol en prenant soin de ne pas être repéré. Mais tout à coups, je vois une chevrette qui se tient à ma droite, à 30 mètres ! Je l’ai approchée sans m’en rendre compte ! Elle est cachée par les tournesols, et j’attends qu’elle vienne d’elle-même dans une trouée, car si je bouge, je suis repéré à coup sur. Elle finit par se rapprocher, très près, trop près même ! Je la photographie en train de cueillir des feuilles. Il faut savoir que le chevreuil est très regardant sur sa nourriture, il sélectionne minutieusement tout ce qu’il mange. J’ai appris ça en lisant La Hulotte. Très bonne revue, qu’il faut juste éviter de lire pendant un affût…

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A la première photo (avec un joli tournesol flou en premier plan qui gâche tout…), le déclenchement attire l’attention de la chevrette. Sur celle-ci, on remarque son inquiétude :

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Je ne prends plus de photos et je reste immobile, mais après quelques instants, elle disparait à fond la caisse dans le tournesol. A cet instant, je ne sais pas pourquoi, le brocard, qui était loin (la tache marron en haut à gauche sur la photo précédente) vient droit sur moi. Je prends des photos de sa « course lente » :

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Puis rebelote, il s’arrête net quand il est assez près pour entendre mon reflex. Je profite des derniers instants, puis il disparait dans le bois tout en panique…

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Je décide de retourner de l’autre côté pour voir si le brocard aux longs bois est dans le coin. Et je l’aperçois dans la prairie, tout au fond ! Je ne tente pas de m’approcher pour ne pas être repéré. Mais voilà que le brocard de tout à l’heure sort juste devant moi ! Les 2 mâles commencent à s’observer et à sauter dans tous les sens, visiblement il y en a 1 de trop. En réalité, celui de trop, ce fût moi, car le brocard déjà effrayé me repère à nouveau, et pars dans le bois en entraînant l’autre brocard aux jolis bois. De mon côté, je fais quelques pas, et arrivé à l’angle du tournesol, je stoppe net : le renard est là, au milieu du pré ! Je m’accroupi et je l’observe entre 2 tournesols. C’est à ce moment que les 2 brocards se mettent à aboyer dans le bois comme des fous. Le renard se met en alerte, puis décampe sans tarder, me laissant seul avec mon matériel…

Le but du bon photographe est toujours de déranger le minimum possible ses sujets. Sur ce coup, j’ai dérangé une chevrette qui est venue toute seule trop près de moi, puis un brocard qui est venu tout seul trop près de moi, puis j’ai re-dérangé le même brocard qui est sorti du bois trop près de moi, qui en étant dérangé à dérangé le brocard aux jolis bois que je ne voulais pas approcher pour ne pas le déranger, puis les 2 en aboyant ont dérangé le renard que je n’ai même pas cherché à approcher pour ne pas le déranger. Alors ne dites pas que c’est de ma faute cette fois !!!