Accueil L'Auteur Ethique Technique Galerie Actualités Liens Contact / Vente

Technique : les mystères de la digiscopie !        

Voici quelques informations sur la fameuse "Digiscopie", une méthode photographique qui relève du bricolage mais qui peut s'avérer très efficace avec un peu de pratique. Durant mes premières années de photographie, ce fût mon unique moyen de photographier les oiseaux. Actuellement, je possède un matériel reflex en complément. Les différentes méthodes d'approche des oiseaux que j'utilise sont aussi décrites, car savoir s'immiscer dans la vie de son sujet est indispensable pour réaliser des belles images, quel que soit le matériel dont on dispose.

 

1) L'Appareil photo numérique:

Les APNs les plus utilisés pendant longtemps ont été ou sont toujours le Nikon coolpix 4500, le Canon powershot A95, les Sony Cybershot W5 et W7, et les Fuji Finepix F30 et F31. Ces appareils hormis le Fuji ont un système de fixation sur l’objectif mais ne sont plus disponibles dans le commerce. Parmi les modèles plus récents, les orientations se sont surtout tournées vers les Nikon coolpix P5000, P5100 et P6000. Le Panasonic Lumix LX3 est également utilisable, ainsi que les plus récentes Canon powershot S90 et S95.

Certains critères sont absolument à prendre en compte lors du choix d’un APN. Malheureusement, actuellement, de moins en moins de modèles se prêtent à la digiscopie, comme vous pourrez le constater en lisant ces quelques conseils : 




Le Fuji F30

Le système de fixation

Opter si possible pour un appareil possédant un système de fixation autour de l’objectif destiné initialement à fixer un objectif grand angle ou un téléobjectif. Si on n’est pas bricoleur, il faut aussi se renseigner au préalable sur l’existence d’adaptateurs compatibles avec l’APN et la longue-vue (voir page liens pour plus d’informations). Malheureusement, actuellement, ces systèmes de fixation se font rares, le pas de vis sous les appareils destinés à la fixation sur un trépied reste le seul point d’attache d’un adaptateur. Il existe des adaptateurs universels utilisant ce pas de vis, sensés être compatibles avec tous les APNs pour une longue-vue ou même pour plusieurs longues-vues. Ceux-ci peuvent être pratiques, mais nécessitent pas mal de réglages pour bien centrer l'APN devant l'oculaire. Ils ne vaudront jamais un bon adaptateur "maison" fait sur-mesure pour son matériel.

Le nombre de pixels

Choisir le minimum ! Plus il y en a et plus les photos sont de mauvaise qualité la plupart du temps. La raison est simple : Sur un appareil photo numérique, on constate que quand on augmente la sensibilité iso, les photos perdent en qualité. Ceci est du à ce qu’on appelle le bruit numérique, qui est à peu près l’équivalent du grain argentique qui augmente avec la sensibilité iso de la pellicule. Ce bruit est produit par les photosites (1 photosite produit 1 pixel sur la photo finale) qui reçoivent une quantité trop limitée de lumière. Or, quand on rajoute des photosites pour augmenter le nombre de pixels sur un capteur numérique dont la taille reste fixe, chaque photosite sera d’autant plus petit et recevra d’autant moins de lumière. Ainsi, même en laissant la sensibilité iso minimale sur l’APN, ce bruit apparaît et nuit beaucoup au piqué (niveau de détails) des images. C’est pour cela que les Fuji Finepix F30 et 31 ont été beaucoup réputés lors de leur sortie, car ils se limitaient à 6 Millions de pixels avec un capteur un peu plus grand que chez les autres marques.

Il y a quelques temps, toutes les marques nous ont sorti des compacts à 10 ou 12 Millions de pixels minimum, voire jusqu'à 15 millions pour le Canon G10, soit autant ou plus que les boîtiers reflex dont les capteurs sont environ 4 fois plus grands! Du coup les APNs actuels gèrent très mal le bruit, même si quelques progrès ont été réalisés. Aucun APN actuel, même haut de gamme, ne gère mieux le bruit qu'un vieil APN haut de gamme de 4 millions de pixels, comme mon Canon powershot S45. Alors bien entendu un APN de 15 millions de pixels fournira quand même une image plus détaillée qu'un APN de 4 millions de pixels malgré un bruit plus visible. Mais si on les compare à 200 iso, puis à 400 iso, on s'aperçoit que la différence s'amenuise, et que l'APN de 4 Mpxls peut même fournir une image plus détaillée!

En effet, les nouveaux APNs traitent les images pour supprimer le bruit. On appelle cela le "lissage", qui consiste à effacer le bruit. Le problème est que les détails sont effacés en même temps. Il faut alors trouver le bon compromis entre garder des détails et éliminer le bruit, ce qui n'est pas si facile pour les constructeurs.

Une illustration avec ce lien qui montre une comparaison entre le Fuji F31 et le Fuji F50 à 400 iso, 2 APNs d'une qualité équivalente dont la seule différence est le nombre de pixels (6 millions pour le F31, 12 millions pour le F50). Le résultat se passe de commentaires...

http://www.dpreview.com/reviews/fujifilmf50fd/page10.asp


En passant du Powershot G10 au G11, Canon a régressé de 5 Mpxls en mettant en avant la qualité des images. Ceci pour suivre Panasonic, qui s'étant limité à 10 Mpxls pour le Lumix LX3, avait eu de très bonnes critiques. Nikon a suivi la tendance, en revenant à 10 Mpxls avec le P7000, appareil qui semble cependant être difficilement utilisable en digiscopie (vignettage). Tout ceci prouve bien mes propos. Actuellement, la définition des APNs semble ainsi se stabiliser à 10Mpxls, ce qui parait raisonnable.

La taille de l’objectif

Choisir absolument un APN ayant un objectif muni d’une lentille de petit diamètre. Si celle-ci est de grande taille, il y aura beaucoup de vignettage sur les images (bords de l’image complètement noirs), que l’on ne pourra pas supprimer en utilisant les zooms de la longue-vue ou de l’APN.

Les modes de prise de vue

Il faut absolument un APN qui propose plus qu’un simple mode de prise de vue automatique. Il faut au moins un mode Priorité vitesse/ouverture (avec possibilité de compensation d’exposition), dans l’idéal un mode entièrement manuel permettant d’avoir la maîtrise des 2 paramètres clés lors des prises de vue : la vitesse d’obturation et l’ouverture.

L’écran

Il doit être dans l’idéal orientable (très rare actuellement), en tout cas de grande taille et avec beaucoup de pixels pour une bonne lisibilité et notamment un contrôle efficace de la mise au point lors des prises de vue.

L’autofocus

Il doit être très rapide et précis, c’est vraiment important pour compenser la faible réactivité que l’on a en digiscopie. L’enregistrement des images doit être rapide, le mode rafale également si toutefois il y en a un.

L'autonomie

L’autonomie de la batterie doit être très bonne, car il est important pendant un affût de pouvoir laisser l’APN allumé (même l’écran) en permanence afin d’être réactif. Prévoir également des batteries de rechange, au mois une. Je vous conseille de les acheter sur Ebay, pour l'avoir testé on trouve des batteries génériques pour 1 ou 2 euros venant de chine et livrées en 10-15 jours, et elles sont d'une qualité presque équivalente aux batteries originales qui elles coutent très cher.

Le format Raw

Dans l’idéal, opter pour un APN proposant le format d’enregistrement RAW pour les photos. Ceci permet d’enregistrer l’image sans aucune compression (contrairement au format jpeg) pour ensuite effectuer des retouches sous un logiciel approprié sans altérer la qualité de l’image. Ce format d’enregistrement a entièrement disparu sur les compacts avant de revenir récemment sur les appareils haut de gamme, comme le Panasonic LX3 et le Nikon P6000.


2) La Longue-vue:

Quel que soit l’APN, pour obtenir des photos de très bonne qualité, il faut impérativement utiliser une longue vue haut de gamme, bénéficiant d'un traitement apochromatique et d'une lentille d'entrée de grand diamètre pour avoir beaucoup de lumière. Les meilleures longues vues pour digiscoper sont la Swarovski ATS 80 HD, la Leica Apo-Televid 82, la Zeiss Diascope 85 TFL et la Kowa TSN 883. D’autres bonnes longues-vues existent, par exemple chez Nikon, Opticron ou Kite. Mais leur qualité en digiscopie reste inférieure aux 4 premières citées.

Au niveau des oculaires, on obtient de bons résultats avec le zoom 20-60 ou un oculaire fixe (en général grossissant 30 fois). Je possède les 2 pour ma Zeiss et personnellement je n'ai aucune différence au niveau du piqué sur les images obtenues.  L'avantage de l'oculaire fixe est que l'on a aucun vignettage. Avec le zoom 20-60 (à 20 fois) il faut zoomer un peu avec l'APN pour l'éliminer. Mais le grossissement obtenu avec le 30 fois sans zoomer ou avec le 20-60 en zoomant le minimum pour éliminer le vignettage reste le même avec la Zeiss. Ceci est du au champ exceptionnel offert par le 20-60, ce qui n'est pas le cas pour les autres marques de longues-vues. Un autre avantage du 30 fois est une perte moins importante de piqué vers le bord des photos. Par contre, le 30 fois déforme plus l'image que le zoom et il jaunit un peu l'image. C'est difficile de choisir lequel utiliser pour les photos...

Leica et Swarovski ont sorti récemment un oculaire zoom 25-50 à grand champ de grande qualité, qui semble bien adapté à la digiscopie. Ceci peut être un bon choix, car on a moins de problèmes de vignettage tout en utilisant un zoom qui peut s'avérer pratique pour l'observation.

3) Le trépied:

Le trépied doit être le plus stable possible, afin d'éviter d'avoir des photos floues à cause du bougé. Cependant un bon trépied coûte cher, alors il faut faire au mieux suivant le budget que l'on peut y allouer. Manfrotto reste une très bonne marque proposant de bons trépieds pour des prix pas trop exorbitants.

> Haut de page