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Retrouvez ici les nouvelles du site, notamment mes aventures photographiques. Le but est de parler davantage du contexte qui accompagne les images, et de montrer que la photographie d'oiseaux est loin d'être facile. Sujets absents, affûts et photos ratées, occasions manquées constituent l'essentiel des sorties !

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mardi 19 mai 2015

Escapade en Vendée

J'ai décidé de m'échapper quelques jours en Vendée, histoire de changer d'air et de retrouver les oiseaux que j'avais côtoyé lors de mes stages il y a maintenant pratiquement 10 ans. Première étape, le Marais Poitevin. J'espère photographier la belle Gorgebleue à miroir, et observer des limicoles et autres oiseaux que je n'ai pas l'habitude de voir dans l'Ain. J'arrive un dimanche après-midi, avec un temps bien gris. Une première prospection aux alentours de la Baie de l'Aiguillon, et paf je tombe direct sur un très bel oiseau: la Huppe fasciée.

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Cet oiseau est assez peu farouche et en théorie je peux l'approcher en voiture. En théorie j'ai dit... Cette fois ça ne fonctionne pas, elle décolle de beaucoup trop loin et finit par quitter le chemin sur lequel je roule. Un peu plus loin, des nouvelles pancartes "chemin privé interdit au public" me coupent dans mon élan. Je m'y risque à pied, et je tombe très vite sur un couple de Gorgebleues. Magnifique ! Je déploie la longue-vue, mais je n'ai pas d'occasion de faire des photos. Par contre, une petite Bergeronnette printanière, très jolie et commune en Vendée, se laisse photographier en digiscopie sur le chemin.

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Le lendemain, il y a du vent et le temps est gris, pas terrible. Je vais visiter un endroit accessible où je sais que les gorgebleues étaient bien présentes il y a quelques années. Le milieu n'a pas changé, et les oiseaux m'attendent, super ! La Gorgebleue est un oiseau très facile à photographier. Elle chante toujours en évidence, et toujours sur les mêmes perchoirs. De plus, elle n'est pas farouche, bref tous les ingrédients sont réunis.
Je m'aperçois très vite qu'un couple s'installe au bord du parking, la femelle amenant des matériaux sans l'herbe juste à côté de ma voiture. Trop facile, je me gare devant le perchoir du mâle et je met le 500mm sur la vitre de la voiture. Et c'est là que je réalise des photos.... d'Hypolaïs polyglotte bien entendu ! Elle vient se percher au cm près sur le perchoir de la Gorgebleue. L'Hypolaïs est une sorte de petite fauvette jaune au chant atypique. Celui-ci commence par une imitation d'un autre oiseau, puis se poursuit par un chant peu mélodieux.

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Puis enfin, la Gorgebleue arrive. Entre temps j'ai bougé un peu la voiture, ce qui explique que le fond n'ait pas la même couleur malgré que l'oiseau soit perché au même endroit que l'Hypolaïs:

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Oups, l'oiseau est bagué. Ca arrive surtout chez les Gorgebleues. Mais du coup ce n'est pas un bon sujet... Pour info grâce à mes photos je sais que le code commence par 654 et finit par 02. Normalement le code minuscule d'une bague métal n'est lisible que sur l'oiseau tenu en main...
Je ne fais aucune photo vraiment intéressante, mais depuis la voiture je peux observer d'autres gorgebleues aux jumelles et les perchoirs utilisés pour le chant.

Le lendemain, il fait beau. Je décide de me poster à l'affût devant un vieux chardon qui sert de perchoir à un oiseau. Je prend le digiscope, car je ne sais pas trop à quelle distance je peux me placer sans gêner les oiseaux, alors je vais y aller progressivement. Et c'est là que le ciel se couvre et que d'un coup la lumière devient pourrie et insuffisante pour le digiscope. Une gorgebleue se pointe, mais en fait c'est la voisine de celle que je visait, qui elle chante aussi mais pas sur le chardon qu'elle semblait pourtant apprécier. Du coup sa voisine est plus accessible, et je tente des photos, mais y a pas assez de lumière et quand elle chante c'est flou. Bref pas le top:

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Du coup, je retourne à la voiture, je range la Zeiss, je fais péter le 500mm et c'est repartit au même endroit. Et là, la Gorgebleue arrive direct: Houaou, un 500, la classe !

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Du coup, elle vient faire la belle et j'en profite:

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Je remarque qu'au moment ou l'oiseau arrive pour chanter, lors de son premier chant, il garde la queue en éventail, ce qui rend sa posture magnifique. Après, il replie la queue et continue à chanter. Du coup, j'espère photographier cette première séquence de chant, mais bien entendu l'oiseau prend l'habitude de commencer à chanter plus bas dans la végétation, puis de monter ensuite bien à découvert. Et quand il vient directement sur son perchoir, sois je ne réagit pas assez vite, soit il reste de dos !

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Tiens, la Gorgebleue d'à côté se décide a venir sur son chardon. Mais elle n'y chante pas, dommage...

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Et puis dans la matinée, 5 autres photographes, tous très sympathiques, viendront au même endroit que moi. Apparemment l'endroit est connu, je ne le savais pas ! J'apprends qu'il faut aller à la pointe de l’Aiguillon pour la Gorgebleue qui serait encore plus facile à photographier. Bon, j'irai voir ça ce soir...
Et puis paf, une bonne photo avec la queue en éventail arrive sans prévenir 3 heures après mon arrivée ! cool:

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Pour finir, une petite Fauvette grisette vient me narguer. La photo n'est pas très nette mais c'est la seule que j'arrive à faire.

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Après un frugal repas et une sortie de 60km en vélo dans le marais histoire de me dégourdir les jambes, je me rend en fin d'après midi à la pointe de l'Aiguillon. Et comme pas prévu du tout, cette visite fut très productive ! En effet, c'est en cherchant la gorgebleue que j'ai trouvé ces fameux chardonnerets, et c'est donc en essayant de photographier ces linottes que j'ai pris une photo ce de fameux Cochevis. Vous n'avez rien compris ? C'est normal, faudra attendre la suite !

dimanche 11 mai 2014

L' hirondelle et le fil barbelé

L'autre jour, Jean-Robert m'appelle pour me dire que les hirondelles viennent se poser et chanter sur le barbelé et qu'il y a des photos à faire. Ça tombe bien, mon express est en panne, je ne peux pas me déplacer ! Heureusement, J-R, la main sur le cœur, me propose de venir me chercher et de me laisser sa voiture qui dans ce cas fera office d'affût. Alors me voilà avec le 500mm appuyé sur la portière à guetter les hirondelles. Au début, elles ne se décident pas vraiment à venir. J'ai même l'impression de m'être fait rouler par J-R. Mais bon, petit à petit, en 3 heures, des occasions se présentent quand même !

Ce qui fait râler comme d'hab, c'est la quantité de photos floues dues à une mise au point ratée de la part du matos. Ici c'est facile à vérifier, il suffit de regarder quelle partie du barbelé est nette, et l'on s'aperçoit vite que c'est souvent devant ou derrière l'hirondelle. Et comme d'habitude dès que l'hirondelle chante et qu'il y a du mouvement, l'autofocus est encore plus imprécis...
Mais bon, y en a quelques-unes de bonnes quand même heureusement, même si ce ne sont pas les meilleures. Y a un photographe qui m'avait que c'était normal de rater des photos car il fallait 1 an pour s'habituer au 500mm. Et bien le mec avait raison ! ça fait 1 an que j'ai le 500mm, et j'ai toujours autant de photos floues, mais maintenant j'y suis habitué !

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Tiens, voici un joli renard qui sort à 300mètres !

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Vous savez comme faire fuir un renard à 300 mères ? Demandez à J-R il a trouvé une technique imparable... D'autres visiteurs sont venus me rendre visite durant cet après-midi. Il y a eu le Rougequeue noir:

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Le joli chardonneret élégant:

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Et le petit Serin cini:

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Pour les photos d'hirondelles au décollage par contre, ce n'est pas encore au point...

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mercredi 6 juin 2012

La petite grisette de la friche

Après la disparition des petits grimpereaux, je suis retourné dans la zone de friche adjacente au bois. En effet, j’y avais repéré quelques individus de fauvettes grisettes, un petit oiseau très joli que j’ai déjà essayé de prendre en photos plusieurs fois, avec un succès modéré…
Après quelques repérages, je trouve un roncier qui semble être un bon poste de chant pour un mâle. Ce roncier est également intéressant pour la photo, car les ronces sont assez jolies et peu en hauteur, qui ce qui me permettra d’avoir autre chose que du ciel bleu en arrière plan. Connaissant la petite grisette, je sais que l’affût sous un filet accroupi dans l’herbe ne fonctionne pas. L’oiseau est trop méfiant et ne s’approche pas, ou alors vient chanter mais toujours en prenant soin de garder une feuille ou une branche entre lui et l’objectif. C’est assez marrant comme comportement mais j’ai remarqué cela aussi avec un autre oiseau, l’Hypolaïs polyglotte. On dirait que les oiseaux se sentent plus en sécurité en conservant un « obstacle » entre eux et l’objectif du photographe.

Cette fois, la zone étant tranquille et normalement peu fréquentée par les promeneurs, je décide d’employer les grands moyens et de poser sur place mon affût fixe, qui est en fait un simple abri de randonnée décathlon à 30 euros. Je choisi avec soin l’endroit d’après les perchoirs que la grisette aime utiliser. Je recouvre mon affût de mon filet de camouflage et je le laisse quelques jours sur place en espérant que la grisette s’y habitue.

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Le samedi matin suivant, c’est le moment de tenter l’expérience. J’arrive vers 6h30 sur place. La grisette chante déjà dans le secteur. Je rentre rapidement dans mon affût, équipé du digiscope. Je suis à 7 mètres de la ronce principale visée. C’est très près, mais déjà 2 mètres trop loin pour utiliser le reflex avec le 400mm…

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La grisette ne tarde pas à venir chanter juste à côté de l’affût. Mais bien sur, elle vient chanter à quelques mètres à droite, puis à gauche, mais ne vient pas sur le roncier. Je suis persuadé que la longue-vue qui dépasse de l’affût suffit à l’effrayer ! Mais après un moment, elle se pointe enfin sur le roncier. La photographier reste peu évident, car elle a tendance à repartir dès que je la vise avec la longue-vue, même avec des mouvements très lents. Ce comportement est très classique chez les oiseaux. Mais après 5 heures passées dans l’affût, j’ai heureusement l’occasion de faire quelques jolies photos. La première série est floue, merci à mon petit canon S95 qui me dit que la mise au point est bonne alors qu’elle est complètement à côté ! J’ai heureusement fait attention à bien corriger le tir pour les fois suivantes !

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La dernière correspond pratiquement à la photo exacte que je voulais faire, avec un arrière-plan composé des arbres du bois verts et de la montagne du Jura au dessus, apportant un dégradé bleu-vert que j’aime beaucoup. Mais je dis pratiquement, car il y a une foutue ronce floue derrière l’oiseau qui gâche un peu tout… Du coup, en sortant, je vais faire une prise de Full contact à cette foutue ronce pour me venger, et j’espère refaire la même sans la ronce la prochaine fois ! La suite bientôt…

mardi 11 octobre 2011

Oublier la photo pour tendre l'oreille

Même si j'aime beaucoup photographier les animaux, parfois il y a d'autres plaisirs dans la nature qui se pratiquent le soir et à la tombée de la nuit, dans des conditions ou il n'est pas possible de faire des photos, ou alors avec un matériel très lumineux que je n'ai pas. Fin septembre et début octobre représente chaque année une période ou il faut tendre l'oreille. Deux évènements m'attirent à chaque fois. Le premier est le brame du Cerf. Sur 2 sites dans l'Ain et la Savoie, j'ai passé quelques belles soirées à attendre le coucher du soleil et à écouter, une fois le crépuscule arrivé, les cerfs tenter de conquérir le cheptel de biches du secteur.

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J'ai aussi, un soir, eu la visite incroyable de 2 cerfs, venus tous 2 à moins de 10 mètres de moi sans me remarquer. Sur le moment, j'ai plus eu peur qu'autre chose, mais au final cette rencontre s'est bien passée. Ne vous attendez pas à en voir des photos, j'avais bien mon petit compact dans le sac mais je n'ai pas osé bouger d'une oreille, et il faisait de toute façon déjà trop sombre...

Le 2ème évènement annuel est le chant d'automne de la petite chouette chevêchette. Voir cet oiseau relève d'un coup de chance inouï. Par contre, l'entendre chanter est plus facilement réalisable. Les soirées d'écoute se passent en pleine forêt mixte en altitude. En fin de journée, au moment ou tous les promeneurs rentrent à leur voiture, vous êtes le seul, un peu frappé, à partir au cœur de la forêt, pour espérer entendre la petite chouette. Un soir, je me poste au bord d'une jolie clairière, me disant que je peux peut-être apercevoir un chevreuil, un renard, un lynx, ou pourquoi pas un loup???!!! (au final ce sera bien sur rien du tout...). La brume du soir envahit progressivement la clairière, apportant fraicheur et humidité.

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Puis enfin, vers 19h45, voilà la petite chouette qui se fait entendre à une centaine de mètres ! Un moment toujours magique dont il faut profiter, car en général le chant ne dure pas plus de 5 min. après, le calme plat revient dans la forêt, et il est déjà temps de rentrer.